Dès 1917, notre photographe est attirée par les portraits ruraux , réalisant de magnifiques portraits de profonde intensité influencée par ses études (1903-1905) aux Beaux Arts de Kassel et par sa formation de photographie dans un studio de Berlin dès 1913.
De 1916 jusqu’en 1943, elle conduira son propre studio à Berlin, année 1943 quand suite à un bombardement, toutes ses archives seront détruites.
Elle entre dans l’association Lichbilder et est exposée en 1926 à Frankfurt.
Après la destruction de son studio, elle travaille en Bavière et réalise des paysages en couleur en 1951, son œuvre étant récompensée par un prix Octavius Hill puis c’est l’oubli jusque dans les années 1970 où son œuvre succite un intérêt tardif puisque Erna Lendvai-Dircksen disparaîtra en 1962 à Coburg quelques temps après la parution de son dernier livre de paysages danois et bretons.
Venons en à ses images:
Le sujet est brûlant pour certains, faisant de son œuvre une pure production de l’idéologie nazie.
Il est vrai que, dès 1930, les autorités de l’époque seront attirées par ces images qui non seulement scrutent les visages, mais aussi sont extrêmement heureuses, de par la beauté de l’album, de mettre en exergue les indiscutables qualités d’une autoroute pour l’époque.
Reichsautobahn.Werk und Menche de 1937
http://www.usmbooks.com/reichsautobahn_lendvai.html
Devons nous seulement retenir, puisqu’elle sera membre du parti, une oeuvre de propagande en lisant les images accompagnées des textes dans leur contexte historique, dans leur fonction possible de publicité dévoyée, voire de photographie perfide comme certains l’ont écrit ?
Cet album sur la réalisation autoroutière est un produit de l’époque quand les mouvements Straight Photography, Nouvelle Réalité etc. vantent à l’aide de décentrements et autres filtres jaunes la beauté des architectures , soient- elles en béton…. !
Mais ces portraits, bien sur, peuvent être classés dans un registre d’ethnologie Nationale Socialiste mais aussi comme des études de portraits en studio non dénoués d’aspirations artistiques comme nous les retrouvons sous d’autres noms dans les revues populaires Volk ou Rasse

Menschen der zeit die blauen Bucher 1930
A coté des photographes Hugo Erfurth, Binder et Nicola Percheid .Berlin (ou Madame D’Ora fera son apprentissage/les flous (cf précédente causerie).
La littérature abondante de spécialité donne une lecture, me semble- il, biaisée de l’œuvre, mais je crois qu’il faut juger les images avec précautions.
En effet, l’artiste déplorera que le citadin ait abandonné la terre et ses photos rurales seraient en réaction d’une photographie Nouvelle Réalité / Neue Sachlickeit qui magnifie l’objet, l’architecture… !
Dans sa propre contradiction…….avec l’autoroute !
Moi même, vivant dans un pays ou les livres d’histoire ne sont pas encore exacts, je me garde donc de prendre une position tranchée…..
Reste l’art ? A vous de juger

Dans Photo Almanach Prisma no 1- 1937

Paysan du Tyrol
Paysanne norvégienne


Quelques lectures :
- Tirol und Vorarlberg et Norwegen aux éditions Gauverlag Bayreuth .1942 .Das Germanische Volksgesicht. (7 albums)
- Das Deutche Lichtbild .1934 Bruno Schultz verlag
