Lundi, 31 Octobre 2011 13:38

J.G. Courtellemont

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Né aux environs de Paris en 1863, Jules Gervais-Courtellemont est un photographes connu par la qualité et la maîtrise du procèdé autochrome inventé par les frères Lumière qu’il pratiquera  avec brio dès 1907.

Il ramènera des images d’Algérie, Palestine, Turquie, Egypte, Tunisie, Espagne, Inde, Maroc et Chine qui lui serviront à illustrer ses conférences à l’aide de la lanterne magique et aussi à illustrer un des premiers ouvrages en couleur de la première guerre mondiale.

 Photo de Mode ancienne en couleur

La plupart de ses trésors photographiques sont conservés soit à la cinémathèque Robert-Lynen à Paris, soit au National Geografic.

Ma causerie photographique souhaite aborder une partie moins connue de l’œuvre en partant d’un petit livre célèbre par son auteur, le grand Pierre Loti, Les trois dames de la Kasbah (conte oriental) aux éditions Calmann Levy 1897 et dont les illustrations directes d’après nature sont de Gervais-Courtellemont.

 

Pour illustrer l’histoire de ses 6 matelots en goguette qui profitent d’une escale pour monnayer des plaisirs charnels, il faut tout le talent de Pierre Loti pour s’évader dans les senteurs et les mystères de l’Orient, plus sensuel et moins corseté que l’Occident.

Orient  qu’il aimera  tout comme son ami le photographe à qui viendra le plaisir d’agrémenter ce livret, à la façon d un petit roman photo.

Des images aux Marie-Louise découpées grossièrement, des tirages aux fausses marges floues (vignettage) comme sortis d’un rêve ou cauchemar entre fumées du kief et verre d’absinthe, entre  yeux brûlés par le ciel de la Méditerranée ou aveuglés par l’ombre tranchante comme une lame.

Les matelots vont vivre une nuit  qui pour deux d’entre eux n’atteindra jamais le nombre MILLE.


Joli baleinier, veux tu naviguer ?
Joli baleinier,
Joli baleinier

Gervais - Courtellemont la connait bien cette Alger la Blanche puisque installé depuis 1889, pas loin de la place Mahon comme éditeur d’art dans une maison mauresque modifiée à l’européenne, une sorte de studio, d'une charmante atmosphère, que fréquentèrent des notabilités littéraires telles que : François Coppée, Pierre Louys, Jean Lorrain, les frères Margueritte, Charles de Galland, Lys du Pac, comme l’écrira le Dr Gauthier dans une conférence de 1941. Je pense à la maison de Loti à Rochefort !


  Son studio sera en  concurrence avec Pascal Sebah ou Geiser et aura une collaboration épisodique avec ses « Croquis algériens » avec le suisse Vollenwieder.

Sans doute ses relations familiales avec le monde de l’édition l’aideront-il  à réaliser sa revue L’ Algérie Pittoresque et Artistique à laquelle collaborera son ami, le photographe Emile Frechon.

Les illustrations directes d’après nature sont, bien entendu, des mises en scène en ce qui concerne nos joyeux lurons mais les autres sont plus véridiques, en ami de ces pays de l’islam qu’il veut montrer sur le vif avec l’objectif , les splendeur du passé et  le pittoresque du présent .


 Nous remarquerons ainsi, que  bien que le conte oriental nous emmène dans un lieu perdu (prostitution), les scènes photographiques ne paraissent pas réalisées dans un bouge mal famé encore moins dans un harem, genre d’images qui servaient d’alibi ethnographique pour émoustiller le bon bourgeois. (J’imagine les prises de vue dans sa maison mauresque ?)

Rappelons nous de Jacques-Antoine Moulin qui, après des déboires en justice à Paris pour ses photographies obscènes, ira se refaire une santé photographique dans les années 1856-1858 dans l’Algérie pittoresque (paysage, types humains etc...) mais lui aussi sans dépasser les limites de la loi française de l’époque !

Mon voyage à la Mecque. Hachette 1896 se fera à partir d’Alger.

Converti à l'islam, il est envoyé en 1894 à La Mecque par Jules Cambon, gouverneur général de l'Algérie. Il fut l'un des premiers occidentaux à s'y être rendu.‎

Sa maîtrise de l’autochrome jusqu’en 1928 laissera des paysages composés en lumière travaillée ainsi que des portraits comme des fillettes à la fontaine ou les femmes de la tribu des Ouled- Nail, source d’une riche documentation notamment au musée Albert Kahn.

Beau portrait en noir et blancs ton sépia pour touristes

  Photographies pour touristes années 1940/50 collection particulière Ellge


Jules Gervais- Courtellemont décédera en 1931, l’année où Lumière annoncera le lancement de son premier film couleur.

Maître artiste, voyageur infatigable qui participera à la création d’une route commerciale en Chine (1904), il mériterait d’être plus en avant dans l’histoire de la photographie française et pas seulement.

Il reste beaucoup à écrire sur ses rencontres avec Pierre Louys (maître de l’érotisme) vers 1895 à Alger et aussi François Coppée (poète dramaturge des humbles-Le Parnasse) dont on retrouve un portrait édité par Vollenwieder , le studio collègue d’Alger et aussi avec Jean Lorrain, le « poète décadent ».

 

 

Quelques lectures :

  • Ottomanes. Autochromes de Jules Gervais-Courtellemont, Saint-Pourçain-sur-Sioule, Bleu autour, 2005 (ISBN 2-912019-34-9)
  • Emmanuelle Devos et Béatrice de Pastre de la cinémathèque Robert-Lynen, Les Couleurs du voyage. L'œuvre photographique de Jules Gervais-Courtellemont, Paris, Paris Musées/Phileas Fogg, 2003, 127 p. (ISBN 2879007550)
    • A)Site de la Maison de la Photographie de Marrakech et de l’Ecomusée Berbere de l’Ourika
      Interview réalisée à l’initiative et avec le soutien documentaire de la Maison de la Photographie de Marrakech, Emmanuelle Peytour, Patrick Manac’h, LG & RD.Lesphotographes.com vous propose de célébrer le centenaire de la parution de la première photographie couleur, prise par Jules Gervais-Courtellemont et publiée dans le magazine L’Illustration le 26 novembre 1910. Nous vous invitons à partager un voyage dans le temps avec ce « maître artiste » qualifié ainsi par les critiques de l’époque.
    • B).Les Champs de Bataille de la Marne. Photographies directes en couleurs. (Fac-similés sans retouches de plaques autochromes). Texte et illustrations de Gervais-Courtellement.‎ ‎Paris, Edition Française Illustrée, 1915,
    •  ‎C)Voyage au Yunnan‎ ‎Paris, Librairie Plon-Nourrit et Cie, 1904. Petit volume in-12, XIII-298 pp., enrichi de 23 gravures (reproductions photographiques) et de 2 cartes,.‎‎Deuxième édition de ce voyage dans le Sud de la Chine. La mission de l'auteur-voyageur est de prouver que la colonisation de cette province méridionale de la Chine ne pourrait avoir que des effets bénéfiques sur l'Empire Colonial Indochinois.
    • D) http://www.aubonheurdujour.net/le-voyage-amoureux/beautes-orientales/ouled-nails/courtisanes/le-voyage-amoureux-default.htm
    • E) http://www.musee-marine.fr/site/fr/1475 des photographies de Pierre Loti au château de Brest 2011

 

Dernière modification le Mardi, 17 Janvier 2012 15:15

commentaires  

 
0 #1 Marc Bedjai 28-01-2012 17:12
Bonjour,

J'ai trouvé l'article de Gauthier. Pourriez-vous me dire d'où vous tenez la collaboration de Courtellemont et du photographe suisse Vollenweider ?

Cordialement

Marc Bedjai

En fait, je crois connaître la source de votre information concernant Courtellemont et Vollenweider: le Journal de la CDV de Mégnin.

Bien cordialement
Marc Bedjai

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Bonjour Monsieur Bedjai.

Remy Gautard de Studio-plus m'a fait suivre votre question.

J'avoue être bien embarassé pour y répondre, ne sachant plus où j'aurai lu cette collaboration entre Courtellemont et Vollenwieder.

En effet, pour completer ces causeries(un genre des annnées 1930 dans Photo Almanach Prisma) dont le but est de relire l'oeuvre photographique d' artistes moins connus , moins reconnus, je lis ce que je peux via internet sans bien sur aller sur place dans les archives(souven t des blogs anonymes ouvrent des espaces de curiosité).

Pour Courtellemenont , mon idée est partie de la possession de ce livret avec Pierre loti , les trois dames de la Kkasbah , livre tres interessant soi dit en passant.

Je voudrai dire aussi que vivant en Roumanie où l'histoire de la photographie ne fait pas encore partie d'un enseignement , souvent mes causeries ont pour but de provoquer des complements d'informations à partir de cette région le réseau internet est bien pratique pour cela.

Les textes que j'écris sans être un écrivain sont publiés bénévolement , sans aucun bénéfice pécunier et sans volonté de blesser qui que ce soit, seulement le but ultime de l'amateur de partager le plaisir de la connaissance et ...de l 'art photographique.

Si vous le souhaiter, je vous serai gré d'apporter les précisions qui vous sembleraient utiles à nos amis lecteurs de Studio plus , cela serait un profit pour nous tous , moi en premier...Aussi, revoir la vie des deux cotés de la méditerranné.

Bien à vous,

Louis Guermond ( Facebook)
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