Un peu d’histoire
K fait partie de la puissante minorité de langue allemande qui peuple cette partie de l’empire austro-hongrois de l’époque expliquant sans doute son installation vers l’Allemagne.

Selon des documents publicitaires, enveloppes, pochettes de photos, on pourra imaginer le studio stratégiquement placé au bord des plages de l’île de Rugend, péninsule de Jasmund, région de Meckenburg, Allemagne.

Ensuite dans la ville balnéaire sur le corso Garibaldi à San Rémo au nord-ouest de l’Italie, proche de la frontière française

En se basant sur les quelques images qui ont pu revenir dans sa ville d’origine, il apparaît très vite que la priorité était d’ordre professionnel à savoir la mise sur pellicule dans l’environnement commercial porteur des villes balnéaires d’Allemagne ou d’Italie.
Sans aucun doute, Angélika aura donc vécu de son métier d’artisan-photographe dans une station balnéaire, souvenirs et canotiers, plage et palmiers, maillots de bain à rayures aussi portraits ans l’atelier vitré en jouant de mises en scènes de gens costumés devant le rideau gris comme l’ont fait tous ses collègues du monde entier.

Ce travail de photographe de plage me fait penser à ce photographe ambulant qui dans les années 1920, sur la promenade des Anglais, peut être aussi du coté de St Malo fera ce métier pour survivre lors de sa période personnelle très difficile. Ce photographe roumain s’appelle Panait Istrati , écrivain que Romain Rolland comparera à un Gorki balkanique et qui lui préfacera son premier conte Kyra Kyralina.

Angélika ira-t-elle plus loin que certains en photographiant aussi du nu, quand même osé pour l’époque !

Elle dédiera une partie de son temps à l’édition en vogue de cartes postales.

On ne peut répondre, par l’affirmative, sur sa présence en Afrique en tant que touriste mais la question reste posée tant ces images sont bien conservées par la famille. Documents d’un voyageur laissés à sa maison d’édition de cartes postales ou ses propres tirages contacts sur le carton déjà préparé au nom de sa firme ?

Les quelques images sauvées dans son périple personnel et retrouvées à Sibiu laissent penser qu’elle saura regarder autour d’elle, photographiant de petits métiers de rue, sans avoir la ténacité d’Atget .


Elle aura aussi photographié des bateaux, sans doute au hasard d’arrivée dans les ports proches des stations balnéaires. A noter, l’emploi de cyanotype (couleur bleue), un procédé qui sera très employé à la fin du 19ieme siècle pour son faible coût et simplicité d’emploi.

Ses quelques marines tirées à l’albumine ne sont pas sans me rappeler des clichés à la façon de Gustave Le Gray.

Revenant à ces photos qui semblent avoir un usage familial, nous voyons une image prise dans son appartement avec des photographies encadrées et accrochées au mur, imaginant que ces images étaient de qualité pour ces intérieurs bourgeois cossus souvent décorés de tableaux.

Les cartes postales personnelles envoyées à la famille restée à Sibiu (datées entre 1899 et 1906) montrent de fréquents voyages entre l’Allemagne, l’Italie, la Hongrie, la France et aussi la Turquie laissant présager de moyens suffisants par des revenus familiaux ou par sa propre activité .
En tous cas, cela démontre une certaine indépendance !
La photographe Angelika Bertha Kauffmann était-elle en avance sur son temps ?
Il serait intéressant de retrouver des archives et autres documents en Allemagne et Italie sur le travail de cette photographe tombée dans l’anonymat de ces petits métiers de quartiers, témoins de leurs temps pour compléter cette modeste présentation !
Louis Guermond , Sibiu le 14 janvier 2011 Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Nb : Remerciements à Werner.



