Dimanche, 13 Février 2011 17:46

K...une photographe de plage

Évaluez cet article
(0 votes)

Angélika Bertha Kauffmann

Née à Sibiu (Roumanie) vers 1860.

Elle fait son apprentissage dans le studio atelier rue Heltauergasse aujourd’hui Balcescu.

Ce studio était tenu à l’époque par une autre femme  : Kamilla Asboth (dans les années 1880).

On retrouve, selon un ensemble de correspondances familiales, l’atelier de Angélika Bertha Kauffmann :

  • en 1902 à Sassnitz, Allemagne
  • en 1906 à San Rémo, Italie
  • en 1910 à Berlin ou elle décédera en 1938

Un peu d’histoire

K fait partie de la  puissante minorité de langue allemande qui peuple cette partie de l’empire austro-hongrois de l’époque expliquant sans doute son installation vers l’Allemagne.

Selon des documents publicitaires, enveloppes, pochettes de photos, on pourra imaginer le studio stratégiquement placé au bord des plages de l’île de  Rugend,  péninsule de Jasmund, région de Meckenburg, Allemagne.

 

Ensuite dans la ville balnéaire sur le corso Garibaldi à San Rémo au nord-ouest de l’Italie, proche de la frontière française

Photos de plage...

En se basant sur les quelques images qui ont pu revenir dans sa ville d’origine, il apparaît très vite que la priorité était d’ordre professionnel à savoir la mise sur pellicule dans l’environnement  commercial porteur des villes balnéaires d’Allemagne ou d’Italie.

Sans aucun doute, Angélika aura donc vécu de son métier d’artisan-photographe dans une station balnéaire, souvenirs et canotiers, plage et palmiers, maillots de bain à rayures aussi portraits  ans l’atelier vitré en jouant de mises en scènes de gens costumés devant le rideau gris comme l’ont fait tous ses collègues du monde entier.

Ce travail de photographe de plage me fait penser à ce photographe ambulant qui dans les années 1920, sur la promenade des Anglais, peut être aussi du coté de St Malo fera ce métier pour survivre lors de sa période personnelle très difficile. Ce photographe roumain s’appelle Panait Istrati , écrivain que Romain Rolland comparera à un Gorki balkanique et qui lui préfacera son premier conte Kyra Kyralina.

Angélika ira-t-elle plus loin que certains en photographiant aussi du nu, quand même osé pour l’époque !

Nu en négatif

Elle dédiera une partie de son temps à l’édition en vogue de cartes postales.

On ne peut répondre, par l’affirmative, sur sa présence en Afrique en tant que touriste mais la question reste posée tant ces images sont bien conservées par la famille. Documents d’un voyageur laissés à sa maison d’édition de cartes postales ou ses propres  tirages contacts sur le carton déjà préparé au nom de sa firme ?

Les quelques images sauvées dans son périple personnel et retrouvées à Sibiu laissent penser qu’elle saura regarder autour d’elle, photographiant de petits métiers de rue, sans avoir la ténacité d’Atget .

Elle aura aussi photographié des bateaux, sans doute au hasard d’arrivée dans les ports proches des stations balnéaires. A noter, l’emploi de cyanotype (couleur bleue), un procédé qui sera très employé à la fin du 19ieme siècle pour son faible coût et simplicité d’emploi.

Ses quelques marines tirées à l’albumine ne sont pas sans me rappeler des clichés à la façon de Gustave Le Gray.

Paysage en contre-jour

 

Revenant à ces photos qui semblent avoir un usage familial, nous voyons une image prise dans son appartement  avec des photographies encadrées et accrochées au mur, imaginant que ces images étaient de qualité pour ces intérieurs bourgeois cossus souvent décorés de tableaux.

Les cartes postales personnelles envoyées à  la famille restée à Sibiu (datées entre 1899 et 1906) montrent de fréquents voyages entre l’Allemagne, l’Italie, la Hongrie, la France et aussi la Turquie laissant présager de moyens suffisants par des revenus familiaux ou par sa propre activité .

En tous cas, cela démontre une certaine indépendance !

La photographe Angelika  Bertha Kauffmann était-elle en avance sur son temps ?

Il serait intéressant de retrouver des archives et autres documents en Allemagne et Italie sur le travail de cette photographe tombée dans l’anonymat de ces petits métiers de quartiers, témoins de leurs temps pour compléter cette modeste présentation !

 

Louis Guermond , Sibiu le 14 janvier 2011   Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

 

Nb : Remerciements à Werner.

 

Dernière modification le Mardi, 17 Janvier 2012 15:44

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

marlene

mikako

thaly

marlene

Actuellement

Nous avons 52 invités en ligne