S’agit-il d’une individualité marquante, d’un détournement de publicité ou d’un exotisme culturel ?
Ni l’un ni l’autre. Il s’agit bien d’une normalité.
La photographie est déjà bien en place sur ces territoires de l’est européen
(Un document daté du 21 février 1839 laisserait entendre qu’un procédé d’élaboration d’une photographie a eu lieu en Transylvanie. Une recherche de spécialistes changerait- elle l’histoire mondiale de la photographie?)
Depuis le 26 septembre 1839, le journal Foaia Transilvana Saptamanala décrivait dans le détail le procédé Daguerre.
Le premier reporter de guerre au monde, Carol Popp de Szatmary publia des albums de 200 photographies de la guerre de Crimée de 1854 après avoir, en autre, pratiqué la daguerréotypie à Bucarest dès 1840. Il remettra lui-même un de ses albums à Napoléon III (*) à l’Exposition Universelle de 1855.
Le photographe Theodor Glatz est le fils d’un peintre viennois connu. Lui même professeur de dessin dès 1843 à Sibiu (Hermanstadt) il se pique de ces nouveaux procédés qui se répandent comme la poudre dans le monde entier.
Tout d’abord pratiquant en amateur, il s’installe dans son studio en 1855.
Tout sera bon à être couché sur le collodion humide

De l’homme important de la ville, du bourgeois, de l’aspect pittoresque de la ville médiévale, du paysan roumain endimanché ou du gitan dans sa pauvre cabane, des images de haute qualité artistique et technique qui dorment dans les archives de plusieurs Musées locaux et nationaux roumains avant d’être réintroduites dans l’histoire de la photographie européenne ?
Je suis témoin deux images datées de la main de Glatz en 1848 et 1850 dans un musée roumain !
Les affaires marchant très bien, son talent y étant pour beaucoup, il s’associe avec Carl Koller de Bistrita, il publie en 1862 une série de 200 images intitulées “les habits populaires” avec explication en langue roumaine et allemande.

Des prix et des médailles
Une partie de ces photographies obtiendront des médailles d’or et hautes distinctions à Paris 1867, Hambourg 1868, Vienne 1873 sous la signature Glatz/Koller.
Intéréssant est le fait que cette mention reste seule au nom de Glatz plus tard !

Lors de cette Exposition Universelle de Paris en 1867, seront aussi récompensés Szathmari de Bucarest, Trenk de Bucarest, Bielig de Galati et Klein d’Alba Julia.
Une des premières femmes photographes de Transylvanie, Camilla Asboth reprendra l’atelier en 1871 toujours faisant référence à la médaille de 1867 gagnée par son oncle à Paris.
Ensuite en 1897, Emil Fisher achètera l’atelier et les clichés sur verre de Glatz.
Rédacteur : L. Guermond, Sibiu 26 décembre 2011
(*): Rôle de Napoléon III dans la constitution de la Roumanie moderne.
Lectures:
- Cronologia ilustrata a fotografiei din Romania C.Savulescu Asociatiei artistilor fotografi Bucuresti 1985
Cateva repere din istoria fotografiei pe teritoriul Romaniei.Julia Mesea.Musée Bruckenthal Sibiu - Fotografia. Un patrimoniu ce trebuie descoperit. Delia Voina.Musée Astra Sibiu
- Diversitate– culturala in fotografii a doua jumatate a secolului al xix-lea.Corviniana 2007 Delia Voina. Astra Sibiu
- Cartes de visites. Collection personnelle. L.Guermond, Sibiu.






