Zou Bo’qi (1819-1869)

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Des amis chinois me proposent une causerie photographique qui me parait être un challenge que j’aimerai faire suivre à des historiens de l’art.

En effet devant le peu d’études en français sur Monsieur Zou Bo’qi, je me retrouve à faire des spéculations…..
 
Zou Bo’qi est mathématicien, astronome, expert en cartographie, un scientifique renommé en Chine et….. Inventeur du premier appareil de photographie fabriqué dans ce pays vers 1844 ou… 1863 ? Les avis divergent !
 


Il aurait réalisé son autoportrait avec cet appareil ?
 

 
Les quelques documents et archives de son travail, les lettres qui lui sont adressées, ses instruments de mathématiques ainsi que la copie de son autoportrait sont conservés au mémorial familial dans le village de Michong (le parc de la commune porte son nom et détient un buste en bronze érigé à sa mémoire) près de Nanhai et le grand port de Guangzhou.
 
On peut comprendre qu’il ait écrit des essais traitant de mises à jour des sciences (geshu bu) et des notes sur le mécanisme pour obtenir des images (sheying zhi qi ji).
 
En fait, il a travaillé sur les principes de l’optique déjà bien connue par les anciens à usage des télescopes et autres microscopes mais n’a pas laissé de documents (sauf découverte jusqu’à ce jour) sur la fixation des images.
 
Or tout le monde est à la recherche dans ces années 1830/1840, et bien avant, du moyen de conserver la trace .Les principes de la Camera Obscura sont compris.
 
Zou Bo’qi est éduqué, acceptant la nouvelle technologie dans une Chine qui se modernise.
 
Rencontre t-il des militaires, hommes de sciences, diplomates, voyageurs qui passent par la ville Guangzhou où il vit. Cette ville s’appelle aussi Canton pour les occidentaux.
 
Parmi ceux-ci, un dénommé Jules Itier dont on dit qu’il sera un des premiers à faire un reportage photographique de voyage.
 
 
 
Alphonse Jules Itier est un daguerréotypiste amateur.
 
En décembre 1843, il embarque pour la Chine. Il accompagne l'ambassadeur De Lagrenée chargé par le roi Louis Philippe de négocier un traité commercial entre la Chine et la France.
 
Il ajoute à ses bagages tout le matériel utile à la réalisation de daguerréotypes.
 
Le 24 octobre 1844 il immortalise la signature du traité en réalisant une série de portraits. Un témoin, Charles Lavollée, raconte (1):
 
" Les mandarins se prêtèrent volontiers à la pose qu'il fallut exiger d'eux. Le soleil était très favorable, mais le tangage opposait à la netteté du dessin un obstacle presque insurmontable. On essaya pourtant. La seconde épreuve donna un résultat très convenable et les Chinois demeurèrent stupéfaits devant cette reproduction fidèle et rapide, dont ils ne pouvaient s'expliquer le secret".

Beaucoup de ses daguerréotypes sont au Musée Français de la Photographie.
 
On ne peut faire que des suppositions sur leur éventuelle rencontre à Canton ?
Mais revenons à son autoportrait que l’on décrit tiré par lui-même avec son appareil à plaque de verre. Donc, il ne s’agit pas d’un appareil de daguerréotypie.
 
Avons-nous à faire à un ambrotype , si reconnaissable par l’image positive apparaissant sur un fond noir, mis au point dans les années 1850 ou s’agit- il d’une plaque au collodion humide et son positif sur un papier albuminé dont le procédé a été trouvé par l’anglais Archer ou le français le Gray dans les années 1851 ?
 
Les britanniques sont à Canton des 1841 mais n’ont pu apporter avec eux la technique du collodion humide inventé en 1851… .
 
Mais alors, si l’on date l’appareil de Zou Bo’qi en 1844, ce dernier aurait trouvé aussi les procédés chimiques pour enduire la plaque de verre ? Et nous devons relire l’histoire mondiale de la photographie. La découverte en Chine du procédé de fixation de l’image en même temps que l’occident !
 
Comme le prêtre slovène qui en 1841 trouvait un procédé pour réaliser une photographie sur verre. Il sera reconnu à Paris en 1852.
 
Il me semble que des analyses par des spécialistes sur cette photographie de l’autoportrait (aussi sur les autres photographies qui semblent existées) sont à réaliser pour reconnaître sa place dans l’histoire de la photographie en l’absence des notes de Zou Bo’qi sur la fixation de l’image.
 
Il est curieux qu’un scientifique ne laisse pas d’écrits sur les produits chimiques utilisés ou auraient-ils été détruits ?
 
Quand bien même, ces photos et cet appareil construit de façon empirique dateraient de plus tard, cela n’enlève rien au rôle qu’a joué ce scientifique dans l’histoire de la photographie chinoise, étant reconnu comme le Premier photographe historique de ce grand pays .
 
Je rappellerai qu’un habitant de Transylvanie et un du Pérou ont aussi travaillé sur le procédé de la fixation de l’image sans être reconnu par l’histoire mais que retient-on de Niepce ….si ce n’est Daguerre.. !
 
L’histoire est injuste, reste à la redresser autant que faire se peut….. !
 
Quelqu’un peut-il prendre la suite… !!!!!!!!!!!!

 
Nb : Merci à Mr le Professeur Song. Institut Confucius. Sibiu
  
Lectures :
             Avant et après la guerre de l'opium (1840 - 1842) les chinois était capables de réaliser des prouesses scientifiques. Pendant cette période Zou Bopi a été un précurseur dans deux domaines photographiques :
                        - il a été le premier à réaliser des cartographies vers 1844 et  l'a importé en Europe
                        - il a été le premier à réaliser des portraits sur plaques de verre
  • “Zou Boqi (1819-1869), Map-maker and Photographer”, for Kenneth Hammond ed., The Human Tradition in Modern China. Rowman & Littlefield, forthcoming, 2007
  • www.guanzhoumuseum

(1) Voyage en Chine, Paris, Just Rouvier/A. Ledoyen, 1852, p. 303

 

 

Dernière modification le Vendredi, 08 Juillet 2011 14:30

commentaires  

 
+1 #1 gilles massot 08-08-2011 07:51
Merci pour ce petit article qui résume bien ce que l'on sait sur Zou Boqi.

Je suis arrivé là parce que je recherche Itier et j'aime beaucoup cette photo de ses serviteurs.

C'est la première fois que je la vois. Puis-je savoir d'où elle provient?

Par avance merci
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0 #2 Rémy Gautard 08-08-2011 13:52
Le mieux serait, je pense, de contacter Louis Guermond

http://ellge.daportfolio.com

Salutations photographiques
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0 #3 gilles massot 12-08-2011 11:21
Merci! je le fais de ce pas!

J'enseigne l'histoire de la photo à Singapour et m'intéresse donc plus particulièremen t à l'histoire de la photo en Asie pour laquelle de nombreuses pages restent à écrire.

Au plaisir d'une rencontre plus "concrète" un jour peut être.
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