Même la photographie de guerre, qui offre au photographe l'occasion de peindre l'homme dans ses manifestations les plus sauvages ou les plus héroïques, demeure spécialisée; loin de nous donner des représentations de l'humanité couvrant toute la gamme des comportements et des attitudes, elle ne nous présente que ses états d'âme extrêmes.

Henri Cartier-Bresson : marinier sur la seine 1957
A première vue, cette image semble n'être qu'un instantané fortuit. On lit de la fierté dans le regard de la femme ; l'enfant sourit à son père.
Bien que le visage du marinier soit caché, on devine le sourire qui l'éclaire ; le creux entaillant le profil de la joue, l'inclinaison du béret, la position insouciante des mains sur les hanches, tout concourt à souligner avec quelle joie le père contemple son fils. Même l'attitude des chiens reflète la chaleur de cette scène familiale.
Une telle photo constitue l'introduction parfaite d'un album de famille mais sa portée dépasse ce simple cadre.
L'affection qui lie les membres de la famille y est cernée avec tant de précision, la composition et la subtilité des états d'âme et les nuances sont si bien révélées, que le photographe en a fait une œuvre d'art.
Henri Cartier-Bresson a découvert un des grands thèmes classiques de la photographie, traduisant d'une façon unique la condition humaine : l'homme de la rue, pris sur le vif.
Dès son invention, on se servit de l'appareil photographique (très lourd et encombrant) pour représenter l'être humain en action.
Il fallut attendre 1930 pour voir apparaître des appareils photographiques de petit format, susceptibles de répondre aux exigences complexes des photographes expérimentés.
Le Leica ouvrit la voie
Parce qu'il utilisait un film de petit format et très bon marché, le Leica — ainsi d'ailleurs que les autres petits appareils du genre — permettait de prendre un grand nombre d'instantanés à des intervalles de temps très courts.
Du fait de l'exiguïté du négatif, les objectifs pouvaient posséder un diamètre assez réduit. Ainsi étaient-ils très lumineux, ce qui leur permettait d'impressionner le film dans de bonnes conditions, même avec un éclairage naturel relativement faible. Le photographe pouvait dès lors se mêler à la foule sans se faire remarquer.
La plupart des photographes qui se sont distingués dans la photographie de la condition humaine utilisent des appareils de petit format et des accessoires relativement simples.
Quel objectif pour la photo de rue et les instantanées ?
Bien qu'un objectif de longue focale facilite la prise, de gros plans à grande distance, on peut obtenir des photographies particulièrement réussies même lorsque la personne intéressée se rend parfaitement compte que l'objectif est braqué dans sa direction.

L'essentiel est de garder l'esprit sans cesse en éveil et de guetter le « bon moment », quel que soit le lieu ou l'instant.
A l'ère du numérique il faut favoriser la maniabilité et la rapidité d'action, les appareils reflex lourds dit "professionnels" comme le Canon 5Ds MkIII sont à proscrire.
Les appareils télémétriques Leica M8 ou Leica M9 sont toujours très bien adaptés mais inabordables en numérique.
Voir les photo de rue à Paris par Yanick
Le droit à l'image
Avant toute diffusion d’une image représentant une personne, quelque soit le support, le photographe doit obtenir l'autorisation écrite de la personne concernée.
En ce qui concerne les images de mineurs, l’autorisation des deux parents est nécessaire.
La législation distingue deux cas de figure :
- si la personne est photographiée de manière reconnaissable dans un lieu public ou privé, son autorisation est nécessaire avant toute diffusion
- si le cliché ne permet pas de reconnaître la personne (notamment dans la foule), l’autorisation n’est pas nécessaire.
La personne dont l’image a été divulguée peut agir en justice et saisir le juge des référés.
La sanction peut prendre la forme de dommages et intérêts, les contrevenants s’exposent à un an d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende (selon l’article 226-1 du Code pénal) car la violation de ce droit est un délit pénal.



