Le photographe doit respecter leur besoin de sécurité et de discrétion. Quant aux fleurs et aux arbres, ils exigent de lui beaucoup d'obstination, puisqu'ils vivent au rythme des saisons. Edward Steichen, ce grand photographe de la nature, a établi le record du marathon de la patience ; en effet, il a consacré quinze années à des travaux photographiques relatifs à la croissance du même arbre dans son jardin du Connecticut.
Les meilleurs photographes de la vie sauvage parviennent à prendre leurs fugitives photos en appliquant des procédés très proches de ceux utilisés par les chasseurs et les trappeurs. Pour réussir, il faut presque toujours agir en tapinois.
Ces photographes portent des vêtements de teintes neutres, se déplacent avec lenteur, se tiennent sous le vent pour que les animaux ne puissent sentir leur présence et passent des heures cachés dans les broussailles ou à l'abri d'un affût, tout en guettant l'instant propice. Ils acquièrent une intime connaissance des habitudes du sujet qui les intéresse, de l'endroit où tel animal vient boire, du genre de baies qu'apprécié un type donné d'oiseau, de la façon dont les espèces différentes se transmettent des signaux d'alarme.
Le photographe parviendra à réaliser des prises de vue particulièrement réussies s'il a la bonne fortune de localiser des terrains salifères où les cerfs viennent lécher le sol pour renforcer leur alimentation, s'il sait disposer des appâts susceptibles d'attirer hors du couvert un renard ou un chat sauvage.
Le photographe bouillonnant, qui foule à grand bruit les sous-bois ou les champs dans l'espoir de faire une bonne photo, a toutes les chances de rentrer bredouille.
Même s'il est très astucieux, le chasseur d'images découvrira vite qu'il lui faut, en règle générale, opérer à une certaine distance de son sujet.

Pour photographier les animaux sauvages, un téléobjectif de 200 mm au moins est pratiquement indispensable. Pour que les photos soient bonnes avec des focales très longues, même avec un stabilisateur d'images électronique ou optique, il est également utile d'employer un pied très stable, car la moindre vibration de l'appareil photographique équipé d'un téléobjectif engendre des images floues. A téléobjectif égal avantage ici aux petits capteurs qui autorisent un grossissement plus important.
Faute de mieux, on peut appuyer l'appareil sur un rocher ou une branche. Quand ils photographient des oiseaux en vol, les photographes utilisent souvent une crosse (ou épaulière), leur permettant de stabiliser l'appareil.
En ce qui concerne le reste de son équipement, les chasseurs d'images d'animaux sauvages peuvent choisir le degré de complication qu'ils voudront. S'ils possèdent un zoom de bonne qualité, ils pourront modifier rapidement la distance focale lorsque l'animal surgit plus près ou plus loin que prévu.

Certains reflex numérique actuels, qui travaillent en rafale à 10 images par seconde, permettent de réaliser une rapide succession d'instantanés, ce qui est particulièrement utile pour la photographie des animaux se déplaçant à bonne allure.
Le photographe peut s'écarter de l'appareil après avoir installé un dispositif mécanique ou électronique permettant de déclencher l'obturateur, pour laisser ainsi à l'animal le soin de se photographier lui-même. Formule plus élaborée encore, des dispositifs à cellule photo-électrique assurent la prise de vue au moment où l'animal coupe un faisceau lumineux .
Pour photographier les animaux nocturnes, on peut combiner l'emploi du dispositif mécanique ou électronique ou du déclencheur à cellule photo-électrique avec celui de un ou plusieurs flashes électroniques, ici les progrès récents des capteurs numériques en basses lumières sont très apréciés.
Il existe même des montures d'appareils photographiques à stabilisation gyroscopique, qui permettent de maintenir l'appareil parfaitement fixe à bord d'un bateau ou sur un camion en marche.

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Un livre : Nature et Photographie



