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Pedro Luis Raota (1934-1986)

Quand mon ami Gheorghe Lazaroiu me parlait du photographe Pedro Luis  Raota, il se souvenait des années 1975/1980 et était en charge avec d’autres du photo club Orizont de Sibiu.
Il recevait par la poste venant de l’Argentine, si lointaine, des images qui rentreraient dans les concours internationaux sous le haut patronage Fiap.

Rappelons-nous les paquets postaux parfois ouverts, des fois perdus, l’administration des photographies, les accords et désaccords des jury, l’ambiance des heures tardives des réunions etc.

Gheorghe avait donc entre les mains de véritables œuvres d’art qui sont aujourd’hui considérées comme émanant d’un très grand artiste au niveau mondial des photo – clubs et non seulement.

Une lecture sur le site Wikipedia est édifiante. ! Tant de prix, on parle de 3000, tant de participations sur tous les continents.

Pedro, gamin dans son Chaco natal voulait être champion d’athlétisme, il sera champion dans un autre domaine, un champion sur la durée commençant à gagner son premier prix à l’âge de 24 ans.

Sa photographie humaniste narre la vie simple des petites gens. De par sa maîtrise du laboratoire où il y passera des heures comme notre ami Gheorghe, il disposera sous la lampe plusieurs négatifs si besoin, utilisera la retouche sur le négatif ou sur le tirage avec l’aide de cianure et un coton tige. De l’artisanat pur avec un œil de metteur en scène.

Et que je te fasse revenir un ciel de brumes, que je t’éclaircisse une oie blanche (forcement !) et que je te monte tout cela  pour avoir ces plans differents, cet équilibre de l’image aujourd’hui si chahuté.

Voyageant chez lui, amoureux des gauchos, qu’il photographiera en couleur , si libres dans leur grand espace (je vais relire el gaucho Martin Fierro !), mais  aussi voyageant dans 28 pays dont la Roumanie (à propos où seraient ses images ?) avec ses 4 appareils de photographie dont un Hasselblad qu’il affectionnait particulièrement.

Alors des opportunités pour tirer avec des focales différentes et avoir une matière première digne d’être fixée plus tard dans la chambre noire.

Por un pedazo de pan.
Pour un morceau de pain
La photo dont il sera très fier et à juste titre.

Ecoutons le :
« Hay una que me gusta mucho y sacó once premios, se llama « Por un pedazo de pan » . Iba con el coche por la Panamericana y me bajé para sacar a unos hombres que rabajaban con pesados martillos rompiendo el viejo pavimento. Puse el motor para sacar una serie de secuencias y mientras las sacaba suponía que la imagen que yo me había propuesto la iba a dar el hombre en el momento de golpear el martillo sobre el cemento. Sin embargo, curiosamente, cuando revelé el rollo me di cuenta que la foto importante era la que mostraba al hombre en actitud de pausa, con el martillo, entre ambas manos, con gesto de desaliento. Pero no para allí la cosa. Yo quería la imagen de desaliento y el cielo era diáfano, y frente a un cielo diáfano se diluye todo dramatismo. Entonces, allí interviene lo que uno sabe de técnica. Me puse con un hisopo y cianuro a tratar directamente sobre el negativo para oscurecer el cielo, darle un tono de humo y de niebla, para integrar al hombre a un escenario oscuro y dramático. Esa foto, que es ésta, creo que me representa. Y claro, también guardo el recuerdo de mi primera foto premiada en Villaguay; ésa, con un campesino regresando de sus tareas al atardecer. Entre ambas hay veinte años de días enteros encerrado en el laboratorio y veinte años de observar hombres y lo que hacen los hombres. »

A lire l’interview dans son entier sur www.magicasruinas.com.ar/revistero/argentina/pedro-luis-raota-fotografia.htm

Ci après quelques images prises dans des catalogues des salons internationaux d’Art Photographique.

Por un Pedazo de pan

Caixa de Catalunya i Balears

Sociedad fotografica de Zaragoza 1984

La présence d’oeuvres de Pedro et de Gheorghe dans les mêmes salons, parfois l’un devant l’autre ou inversement n’est peut être pas qu’une coïncidence.

Mais sûrement, elles auront été réalisées  par des grands de la photo, chacun  dans son pays éloigné l’un de l’autre mais souffrant aux mêmes moments des affres de dictatures qui n’aimaient pas l’humanité, eux, SI.

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