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Ralph Gibson

“Dans un médium aussi récent que la photographie, il me semble impératif de faire un sérieux effort pour découvrir et annoncer son thème personnel. Ce dernier devient une signature visuelle qui appartient au photographe. faute de quoi, le travail devient académique, et n’est plus qu’une variation sur le thème précédent.”  Ralph Gibson.

Ralph Gibson est né en 1939 à Los Angeles. Le jour de ses 17 ans il s’engage dans la Navy où il acquiert un bagage technique photographique complet. Il réside actuellement à New York.

Son premier livre

Son premier livre  “The somnanbulist ”  diffusé en 1970 lui apporte la notoriété ce qui lui permet d’abandonner la photo commerciale, travailler sur ses propres projets artistiques et éditer de nombreux livres avec sa maison d’édition : Lustrum Press.

Son style

Ralph Gibson est un maître de l’effet dramatique surréaliste et de l’abstraction.

Ses photographies “minimalistes”, à fort contraste noir et blanc, représentent souvent des éléments géométriques ou des gros plans sur des parties du corps (utilisation courante des mains notamment qui ont un pouvoir important de suggestion).

Ses écrits sur l’art et le processus créatif en photographie méritent que l’on s’y attarde

“Cela fait des années que j’étudie le processus créatif de mon travail pour essayer de l’améliorer.

Cela m’a conduit à éliminer sans pitié un grand nombre d’obstacles conventionnels que la vie met en travers de la créativité.

Si un mouvement ou une situation ne fonctionnait pas dans mon travail, c’est qu’ils étaient, par défaut, mauvais en soi.

Grâce à ce raisonnement simpliste, je suis passé vers une forme d’abstraction que je continue aujourd’hui à chercher dans mes photos.

J’élimine du champs de vision tout ce qui serait superflu par rapport au contenu que je désire obtenir.

Le Brésil, l’Egypte, la sémiologie : chaque culture développe sa propre sémiologie particulière, son propre système de signes et de glyphes.

Je cherche et trouve ces indications de différentes manières. Cela peut-être la langue, la musique, ou des stimuli entièrement visuels qui me montrent la voie. Un socio-anthropologue entrainé pourrait atteindre de façon plus directe les racines d’une société spécifique.

Le fait que je m’intéresse à la formalisation de la culture sous une forme purement visuelle implique qu’en tant que photographe, je dois observer et m’efforcer de trouver les signes primordiaux et les plus caractéristiques de l’endroit.

Cela m’aide à dégager une impression d’ensemble, à trouver un point de départ dans le pays. Les images du Brésil tendent à converger car la couleur leur sert de marque d’identité.

Ces signes tombent dans une catégorie culturelle unique. La palette de cette société est née de la musique, de l’environnement et du plaisir. La couleur prévaut sur tous les thèmes.

Mes travaux sur l’Egypte contiennent tous la forme pointue des feuilles de palmier, qui a inspiré celle des outils, des lettres et autres objets de sémiologie locale.

Je m’aperçois que ces artefacts habitent ma photographie à la façon d’une grammaire, en indiquant comment et où regarder. ”

Source : Réfractions – pensée sur l’art et la photographie, R. Gibson

« Avant d’apprécier une image, le lecteur a besoin de comprendre ce qu’il voit ainsi que la démarche de l’auteur. Heureusement le lecteur réagit à plusieurs niveaux de stimuli. Par exemple l’abstraction a toujours joué un rôle important dans l’expression artistique des arts plastiques et commence à être accepté en photographie.

Il n’y a rien de neuf à propos de l’abstraction en peinture pourtant le public respecte plus la peinture que la photographie qui parfois est pressenti comme un art mineur et éphémère… vous regardez une photographie puis vous tournez la page. R. Gibson.

Extrait de The Somnanbulist

“Te voilà en présence d’une suite onirique où tout est vrai, peut-être encore plus vrai que dans la réalité. En dormant, un rêveur se retrouve ailleur sur la planète et se scinde en au moins deux êtres…
La photographie devenait l’instrument de mon introspection. Rien à faire !

L’appareil me conduisait dans d’autres dimensions, il me lançait dans l’expression de sentiments complètement neufs, mes clichés prenaient une tournure résolument surréaliste. Je n’en comprenais pas le sens mais je continuais dans cette voie. J’ai fini par me rendre compte que j’avais photographié un état de rêve. L’heure était venu d’en faire un livre. …”.

Extrait de la série Infanta

“Chez une femme, la beauté réside dans un champ énergétique chargé de particules lumineuses.

C’est presque comme si la lumière elle-même constituait le sujet, et la femme sa source irradiante. Les lignes d’une forme féminine reflètent toutes les situations lumineuses possibles, de sorte qu’une photographie de nu réussie finit par désigner simplement un évènement de la lumière en soi…”.

Extrait de Chiaroscur

“La photographie de rue est toujours à l’affut, et c’est ce qui lui permet de créer une image qui trouve dans la réalité une source de vérité accrue… Mes intérêts ont changé : j’ai abandonné depuis longtemps la volonté de saisir les crises du drame humain et, à la place, je me suis orienté vers des images qui ménagent le moins de place possible à des thèmes extérieurs.

“Un livre dévoile mes réflexions au sujet de mes photographies

et du contexte dans lequel elles sont destinées à être vues. C’est là une distinction importante.

Dans un livre, je peux avoir I’entière responsabilité du contexte des travaux.

Le livre informe I’observateur du contexte dans lequel les images doivent être vues.

Alors que le spectateur, dans une exposition de photographies, est libre de se promener à sa guise dans la galerie, un lecteur tient le livre à une certaine distance spécifique de ses yeux, et il est généralement assis dans un fauteuil bien éclairé qu’il préfère.

Cette distance du regard est presque toujours la même d’une personne à I’autre. L’ensemble des images excède la somme des parties. Les livres peuvent parler de tout, mais lorsqu’il est réussi, un livre est une chaîne ininterrompue de bonnes décisions”.

 “I make books because my chosen audience is you, the gentle reader, the book lover who actually wants to reflect on the images and their interrelationships.This is how my work has evolved over the decades. I so enjoy seeing the image well printed on a fine sheet of paper, beautifully bound and warm in the hand and perceived at the perfect viewing distance. This is a form of total artistic autonomy. A book is about part to part; part to whole. This translates as page to page; page to book. The book then becomes an  object in its own right, a thing unto itself that can have a long and interesting life. It can sit on the shelf for years and the instant it is taken down and viewed it springs to life… a constantly renewable form of energy.
I am simply only as good as my next photograph. That’s the one that counts the most… 
Digital is a great way of transferring information, but digital imaging systems are not photography, because photography has to do with the alchemy of light on film. Photography creates a new information that wasn’t there before, whereas digital transfers information that is in front of you. Like the telephone can transfer my words to your ear …” – Ralph Gibson.

Si vous aimez ses photographies vous aimerez probablement sa musique :

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