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Richard Avedon (1923 – 2004)

En 1959, Richard Avedon, un des plus importants photographes de mode américains, publia — sous le titre d’Observations — une série de portraits et un livre, qui devaient donner à ce style ses lettres de noblesse.

Il s’était intéressé principalement à des personnages officiels et à des personnalités très connues.

Mais ses photographies permettaient de découvrir des profondeurs insoupçonnées et des nuances inconnues du caractère de ceux qui avaient posé devant son objectif. C’était comme si Pablo Picasso, Judy Garland, le duc de Windsor — des visages qui du point de vue photographique étaient déjà des «clichés » — se trouvaient révélés au public pour la première fois.

De toute évidence, Avedon venait d’ajouter quelque chose à l’art du portrait et il ne tarda guère à expliquer ce dont il s’agissait. « Ces photos sont des autoportraits, dit-il, elles me représentent, elles enregistrent mes émotions face à mon sujet. »

Comme Avedon, tous les grands portraitistes donnent beaucoup d’eux-mêmes dans leurs photographies, que leurs sujets soient des personnalités ou des gens connus seulement de leurs parents et amis. La regrettée Diane Arbus se faisait une règle de ne pas photographier de célébrités, de façon que le public ne pût comparer son interprétation à celle de quelqu’un d’autre. Les portraits qu’elle a réalisés n’en présentent pas moins un caractère très distinctif : ils reflètent l’intérêt de la photographie pour tous les aspects étranges de la vie quotidienne. Ses modèles étaient inconnus, mais Arbus exprimait toujours une opinion personnelle et fortement ressentie face à eux.

Les photographes peuvent exprimer cette opinion de cent manières différentes. Le résultat est fonction de l’appareil photographique utilisé, de la préférence du photographe pour tel ou tel éclairage, du choix de l’arrière-plan, de la pose qu’il cherche à faire adopter et du rapport qu’il établit avec le sujet — tous ces éléments forment le style personnel du portraitiste.

Celui de Richard Avedon est à la fois plein d’élégance et très personnel. Vers 1945, alors qu’il n’était encore qu’un jeune photographe, il réussit un coup d’éclat en publiant dans Harper’s Bazaar une série de photographies extrêmement « naturelles » et très peu conventionnelles, représentant de jeunes modèles courant pieds nus le long d’une plage. A dix ans, équipé d’une simple « box caméra », il avait réalisé son premier portrait en surprenant le compositeur Serge Rachmaninoff dans l’escalier de service de son appartement à New York. (« J’avais l’habitude de me cacher près des poubelles… pour l’écouter lorsqu’il s’exerçait au piano », confessa Avedon quelques années plus tard.) Ce photographe utilise généralement un dispositif d’éclairage très simple, composé d’une lampe-flood de 1 500 watts placée juste au-dessus et à proximité de l’appareil photographique ; il obtient ainsi des portraits d’une élégance classique et il retouche parfois les tirages pour accuser certains éléments, par exem¬ple la courbe d’une ombre.

Il élimine souvent l’influence du fond pour souligner les traits qu’il juge particulièrement caractéristiques chez son sujet et va jusqu’à souligner de façon outrée les caractéristiques de son modèle pour obtenir une sorte de caricature extrêmement sophistiquée.

Avedon B&W techniques

Vidéo www.ina.fr/art-et-culture/litterature/video/CPC93011335/richard-avedon-autobiographie.fr.html

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